Benoit Girondel : Le Grand Raid de la Reunion, un defi contre soi-meme

Benoit Girondel : Le Grand Raid de la Reunion, un defi contre soi-meme

Gagnante de notre dernier concours, Virginie Pico a pu s’entretenir « en tête-à-tête » téléphonique avec le double vainqueur du Grand Raid de la Réunion, ex-« Diagonale ». Une interview sans langue de bois. Comme à son habitude. 

Virginie : « Alors déjà, j’aimerais prendre de tes nouvelles, car tu as abandonné lors de la CCC sur l’Ultra Trail du Mont-Blanc. Comment te sens-tu physiquement et cérébralement pour ce Grand Raid de la Réunion ? »
Benoît Girondel : « Bien ! Si j’ai abandonné, ce n’est pas à cause de ma forme. J’ai eu des petits soucis de matériel, j’ai préféré arrêter pour ne pas me blesser. Mais ma prépa était bonne, tout va bien. »
Virginie : « Comment t’es tu préparé, sur la fin ? »
Benoît Girondel : « Je passe beaucoup d’heures dehors l’été, en course à pied, à vélo. Je fais 60 % à pied et 40 sur le vélo, à des intensités pas très élevées. Je fais beaucoup de marche. Le Grand Raid de la Réunion, ça se gagne à 7 km/h. Je travaille beaucoup sur ces aspects-là, en endurance de base. En septembre, je fais quelques séances d’intensité. J’ai couru deux petites courses chez moi, dans le cadre de ma préparation, pour travailler sur des allures un peu plus élevées que le Grand Raid et travailler mon aisance à courir sur des vitesses élevées. Et redynamiser les gros blocs de volume, du coup. »
Virginie : « Tu sembles attaché à ton département, la Drôme. Quel spot aimes-tu particulièrement ? »
Benoît Girondel : « J’habite au pied du Vercors. Vers la fin du Vercors qui bascule vers la vallée du Rhône. Ça ne monte pas très haut mais c’est somptueux. Comme je bosse et qu’il faut que je m’entraîne parfois 35 h par semaine, je ne m’éloigne pas trop. C’est aussi l’occase de faire des sorties avec les copains. »
Virginie : « Parlons Grand Raid. Qu’a-t-elle de particulier à tes yeux, cette course à la Réunion ? »
« Je me suis mis à la course à pied avec cette course. J’ai tout le temps cette course-là dans la tête. À l’entraînement. La nuit. Au réveil. C’est un peu fou mais…"
Benoit Girondel Grand Raid de la Reunion Xavier Thevenard
Benoît Girondel avec Xavier Thévenard, autre ambassadeur Baouw, en train de préparer la Hard Rock (Benoît devait faire le pacer de Xav, avant l'annulation de la course). 
Virginie : « Comment programmes-tu tes temps de passage ? »
Benoît Girondel : «Je n’ai jamais fait une course par rapport aux autres. Je me fie à mes sensations. J’ai toujours tendance à avoir besoin de temps pour me mettre dedans. Jusqu’à Cilaos, je fais un peu en fonction de mes temps de passage prévus et arrivé à Mafate, je fais par rapport au climat, etc. Tout dépend de ta forme, si tu arrives à relancer ou pas. Je me fais un bracelet avec mes temps de passage et ça me sert un peu de repère. Le Grand Raid, c’est très particulier. »
Virginie : « Pour ton alimentation, tu as une stratégie nutritionnelle ? »

Benoît Girondel : « C’est assez simple, les sports d’endurance. C’est comme une journée classique finalement, sur 24 h. Dans la vie, tu ne passes pas une journée où tu manges des gels tout le long. Moi, je cherche à m’alimenter le plus possible en course comme au quotidien. Pour ne pas perturber l’organisme notamment. Donc pour moi, les barres Baouw, c’est parfait. Tu ne passes pas ton temps à manger du sucre, en temps normal, alors pour quelle raison le ferais-tu en course ? J’accompagne mes barres avec de la Saint-Yorre ou de la Cilaos. 
« S’approcher le plus possible d’une alimentation normale, c’est ça, ma stratégie nutritionnelle en course. D’où mes barres Baouw. »

Ma stratégie sur le Grand Raid de la Réunion, c’est d’en manger toutes les 45 minutes environ. Pour autant, je ne mange pas de poulet ou de riz, pour ne pas saturer le système digestif. Je tourne aux Baouw, point barre. J’emporte toujours un gel ou deux. Ça a un côté sécurisant, pour un éventuel coup de moins bien sur la toute fin. L’an dernier, je prends deux gels les deux dernières heures. Et du sorbet goyavier ! Plus un peu de pomme et d’orange pour m’hydrater. »
Virginie : « J’ai vu que Baouw - et je les remercie au passage de me donner cette occasion de te parler de façon privilégiée - allait sortir des compotes… »
Benoît Girondel la coupe : « Ah, non, pas des compotes. Des purées. Il n’y aura pas de sucre ajouté. Celles que j’ai testées sont sacrément bien ! J’ai hâte de pouvoir les tester au réel, sur une course. J’avais emmené mes protos sur la CCC mais du coup… »
Virginie : « Nous aussi, nous avons hâte ! Tu as toujours le même staff, est-ce important d’avoir des proches avec toi ? »


Benoît Girondel : «Cette année, il va y avoir mon papa. Je lui ai offert le voyage à la Réunion pour ses 60 ans. Sur place, il y a pas mal de monde du coin qui m’aide. Avec les gens qu’il y a à la Réunion, c’est parfait, il ne manque personne ! »

Benoit Girondel Grand Raid de la Reunion

Les deux potes lors des Baouw Days de l'hiver dernier, en Savoie, à deux pas des bureaux Baouw. 


Virginie : « Sur Trails Endurance Mag, tu disais : « C’est chiant de toujours vouloir se comparer » et c’est un état d’esprit que je recherche dans ma pratique, comme le tien, celui de Xavier (Thévenard) et celui de la marque Baouw. Comment tu vois ton avenir ? Toujours des compétitions ou plutôt des défis. On voit que tu n’es pas compète à fond, comme l’an dernier où tu proposes à François (d’Haene) de finir avec lui. »
Benoît Girondel : «Courir avec François, c’était juste parfait. C’est pas du flan ce que je te dis : pour moi, la course à pied, c’est du partage. Sur le dernier Grand Raid, j’ai plus savouré la victoire avec François qu’une fin tout seul. Je viens du vélo où c’était toujours la bagarre. Je m’étais dit : « Tu refais du sport, oui, mais c’est pas parce que tu as un dossard que ça doit signifier adversité. » Mon « Pas du Touet », tout le monde a pris ça pour un record mais ce n’était pas ça. C’était un défi personnel, un délire. Dans la société, de manière large, c’est ça : la plus belle voiture, le voisin, il a telle maison : y en a marre ! »
Virginie : « J’utilise Strava. J’y vais parfois, puis j’arrête, je reviens. Que penses-tu de ce genre d’appli ? »
Benoît Girondel : « C’est propre à chacun. Je n’y suis pas. Mais cela peut être un moteur pour l’entraînement. Moi, perso, si hier j’ai fait 8 h, je ne vais pas aller le crier sur tous les toits. C’est comme ça. Par la suite, je ferai sûrement moins de compète et plus des trips. J’aime les trucs un peu roots, où tu vis l’aventure. 
« La Diag*, c’est plutôt un défi contre soi-même. »
Virginie : « Que peut-on te souhaiter pour cette édition du Grand Raid ? »
Benoît Girondel : « Partager un bon rougail à la fin et le savourer parce que je me serai bien rentré dedans ! Essayer de se dépasser, c’est le but de tout cela. » •

Benoit Girondel Grand Raid de la Reunion

Benoit Girondel juste avant la CCC sur l'Ultra-Trail du Mont-Blanc® avec Benoît Nave, notre nutritionniste Baouw et son coach et ostéopathe.
* Grand Raid de la Réunion. 
Spéciale dédicace de Virginie à Jimmy Charlette, à qui on souhaite une super course, et au club US Berry. ;)
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