Interview de Xavier Thevenard par les Baouwers

Interview de Xavier Thevenard par les Baouwers

Comment il se sentait après son podium à l’UTMB® à Chamonix ? Comment il se prépare ? Pourquoi il aime tant cette course du mont Blanc ? Les réponses de Xav ici !


On a un peu tardé, désolés, mais voici enfin l’interview de Xavier Thévenard par nos Baouwers. Préparation, nutrition, mental, objectif, le double vainqueur de l’UTMB®, tout auréolé de sa place de deuxième cette année, s’est prêté de bonne grâce au jeu des questions-réponses de ses fans. Verdict ici !










QUESTION DE BAOUWER Matthieuvegan Trailer :

Ne penses-tu pas que vous, les traileurs pro ou semi pro, devez continuer à faire changer les mentalités des gens et des coureurs en général sur leur mode d’alimentation... (pour faire simple trop carnée, trop sucrée et leur faire passer le message que lait de vache, c’est pour le veau, le calcium se trouve ailleurs et les protéines pas que dans la viande rouge...) faire le lien simple que beaucoup ne voient pas entre l’état de la planète et leur façon de manger... 

Xavier Thévenard : « Oui, je pense que cela va bien dans l’air du temps de toute façon, de prendre soin de sa santé et de se faire plaisir dans l’effort, c’est normal de consommer une alimentation saine et c’est bien aussi pour notre environnement, c’est un tout. Nous restons des chasseurs-cueilleurs. »

Yoann Conte coupe Xav dans son interview pour rajouter son grain de sel : « Tu as bien raison, Xavier, et ce sont tous les excès qui nous font du mal et qui font du mal à la planète. Une partie de la solution démarre là, dans la façon de nous nourrir. La cueillette, c’est quelque chose qui me tient à cœur. J’ai mes aromatiques devant la Maison Bleue. Mais il faut y aller tout doux. Nous avons redonné, nous, cuisiniers, goût aux gens de remanger de la féra, par exemple, le poisson local, qu’on trouve dans notre lac d’Annecy. Moralité, il n’y a plus de féra. Je m’aperçois donc au quotidien qu’il faut toujours faire très gaffe. Rester modéré. »


Les aromatiques de notre chef Yoann Conte à la Maison Bleue       Les aromatiques de notre chef Yoann Conte à la Maison Bleue

Xavier Thévenard devant la Maison Bleue avec les fondateurs de tes barres de nutrition sportive bio : Yoann Conte, chef deux étoiles Michelin, Benoit Nave, son ostéopathe-nutritionniste, et Gilles Galoux. 


QUESTION DE BAOUWER Philippe Rbln :

Salut Xav et merci Baouw Organic Nutrition pour ce petit jeu ! Félicitations pour ta course dont la gestion nous a impressionnés. Difficile d’être mieux réglé. Ma question est relative à ta préparation : comment arrives-tu à enchaîner et surtout à performer sur les ultras auxquels tu participes (Mont Fuji, 90 km du Mont Blanc, UTMB®) ? 

Xavier Thévenard : « Ce n’est pas très enchaîné, justement. C’est bien réparti. Je fais bien attention avec mon coach, Benoît Nave (le nutritionniste Baouw), de ne pas surcharger. La préparation est faite en amont. Ensuite, il faut se laisser le temps de la récupération. Je gère l’équilibre entraînement-course. 
Mais il faut dire que je fais ça depuis gamin, aussi. Avec cette activité physique que j’ai depuis toujours, mon corps est parfaitement adapté. Mais c’est clair que je ne me donnerai pas plus de trois ultras sur une année. »



QUESTION DE BAOUWER Stephane Stéphanie Carboni :

Hello Xav ! Tout d'abord félicitations pour ta deuxième place à Chamonix et merci pour les sensations que tu nous donnes, tu es entré dans une démarche écologique et environnementale que j'approuve, les barres Baouw y sont inscrites, tu parles aussi de nouveaux produits comme des compotes de fruits ou légumes, mais ma question est quelle idée pourrais-tu apporter pour le packaging de ces produits sachant qu’étant posté entre les Tseppes et Catogne j'ai ramassé une quantité importante d'emballages de produits soit tombés des sacs soit jetés.

Xavier Thévenard : « Le dernier point sur lequel on a travaillé ces derniers temps, avec Baouw, c’est pour essayer de réussir à produire des emballages compostables. Mais cela prend du temps car les barres Baouw ne contiennent rien de chimique et donc aucun conservateur et donc l’emballage est sa seule protection, il faut prendre garde à ne pas pénaliser la qualité du produit, à l’intérieur, qui est notre priorité évidemment. Il faut penser aussi à tous les Baouwers qui en font l’usage en swim run ou en triathlon, aux trailers en temps de pluie, aux skieurs-alpinistes, pour les météos neigeuses. Si on arrive à produire un emballage compostable de grande qualité, ce sera l’innovation qui me sera très chère. Cela ne voudra pas dire qu’il faudra jeter les emballages dans la nature !


Xavier Thévenard et Gilles Galoux

Xavier Thévenard, notre ambassadeur trail, avec Gilles Galoux, notre directeur général et créateur de la marque Baouw. 


QUESTION DE BAOUWER Philippe Duter :

Bonjour Xavier, peux-tu nous dire quelles barres BAOUW tu as utilisées lors de l'UTMB à Chamonix et à quoi sert le Synthol*, aux ravitos ? encore bravo pour ta deuxième place !

Xavier Thévenard : « Avant de partir pour l’UTMB®, à Chamonix, j’ai pris un peu de toutes les recettes, j’ai tout mélangé. Parmi les 8 recettes, chaque fois en même quantité. Cathy (Ardito, ndlr) en choisit une au hasard et me la désemballe à l’avance. Je sais que je ne vais pas être déçu point de vue saveur. À la Fouly, la dernière que je mange, je me vois encore la manger, c’était la mienne, la barre Baouw XT Betterave-Amande-Piment d’Espelette.
                                               Barre Baouw Xavier Thévenard / Betterave - Amande - Piment

*La réponse de Benoît Nave : Le Synthol est un mélange d’huiles essentielles (menthol, camphre…) qui rafraîchit. Il est aussi un peu antalgique.




QUESTION DE BAOUWER Stéphane Levasseur :

Bonjour Xavier, le changement d’objectif (de la Hardrock à l’UTMB®) a t il representé une difficulté pour la préparation de l'UTMB® et donc peut être une certaine fatigue qui a pu se faire sentir au moment où tu aurais pu faire douter pau capell?

Xavier Thévenard : « Pas tellement car on a su assez tôt en avance que cela pourrait être annulé, en raison de la neige. Donc dans ma tête, j’ai basculé assez vite. Surtout que c’était à Chamonix, donc j’étais sûr de m’éclater. J’étais content de retourner voir le mont Blanc. Et puis je me suis dit : « C’est un avion de moins ». (Xavier est très sensible à l’environnement et à la pollution générée notamment par les vols, ndlr). Ensuite… (hésitation). La Hardrock, c’est la course la plus difficile que j’aie jamais faite. C’était presque du soulagement. J’ai pensé à la souffrance que je m’épargnais. Même quand tu es acclimaté, j’ai l’impression que tes sensations sont toutes faussées. Tu n’as pas la fluidité et l’aisance que tu as à la maison. C’est ce qui rend la course si difficile. 



QUESTION DE BAOUWER Vincent Hiker Man :

Qu'est-ce qui fait que Chamonix est si spécial pour toi que tu y retournes chaque année ? 

Xavier Thévenard : « Parce que ce n’est pas loin de la maison, déjà. Pendant les sorties que je fais, souvent, je vois le massif du Mont-Blanc. Quand j’étais petit, les sorties du ski-club, sur la crête, nous offraient toujours en visuel le massif du Mont-Blanc. Il représente des bons souvenirs de balades avec mes parents. Depuis tout petit, je vais au « Panorama du Mont-Blanc » dans le Jura. Pour le stage de fin d’année, en sport-études, on faisait le tour du Mont-Blanc à vélo. Ce mont Blanc, il a un goût d’enfance pour moi. D’enfance heureuse, c’est ma madeleine, oui ! Je ressens toujours de l’excitation à aller là-bas parce que c’est tellement magique ! Comme je le dis toujours, dans l’année, il y a Noël, le nouvel An et Chamonix. Ce qu’on pense de l’’UTMB®, c’est propre à soi. Mais moi, je sais que j’ai toujours l’étincelle d’aller courir là-bas !
On ne peut pas être blasé de Chamonix. 
De toute façon, par exemple, je fais toujours le tour « ABS » autour de chez moi. Mais je ne connais pas la monotonie. Les décors, la lumière, les paysages sont différents. La météo. Les sensations. Les rencontres dans les bois. Je ne compte pas les carreaux à la piscine !



QUESTION DE BAOUWER Gilles Triffault Marine Robert Sylv Thomas :

Salut Xavier, l'ultra est loin d'être une science exacte, mais tu arrives tout de même à tenir ton objectif à 3 minutes près. Du coup, comment as-tu calculé/planifié les différentes durées entre tes check point et surtout ne regrettes-tu pas de ne pas avoir mis la barre un peu plus haute pour la durée totale de ta course? 

Xavier Thévenard : Parce que je me connais bien. Je connais mes sensations. Sur un parcours, je peux savoir le temps que je vais mettre sur tel profil avec tel dénivelé. C’est l’expérience que j’ai accumulée. En voyant juste le terrain, je sais dire combien de temps je vais mettre car je suis en accord avec mon corps, ma forme. Cela s’acquiert avec le temps. J’ai beaucoup de recul sur l’UTMB® et sur les parcours de Chamonix. Pour quelqu’un qui en fait un peu moins, c’est difficile à cerner, c’est certain. 
Si j’ai des regrets de ne pas avoir mis la barre plus haut ? Oui, on peut se poser la question (silence). Mais c’est un gros risque à prendre. Tu ne sais pas comment ton corps va réagir si tu n’es pas dans ton allure. Écoute… imagine. Tu bosses comme un forcené pour passer un examen. Et la veille, tu te dis… tu décides de changer tout. J’ai voulu faire MA course. Et je n’ai aucun regret par rapport à ça. Car j’ai fait le job comme j’aime le faire. Et cela s’est bien passé pour moi. •


Xavier Thévenard lors de l'UTMB® 2019
« Aurais-je été capable de mettre la barre encore plus haute ? Je ne sais pas, de toute façon, je n’ai pas voulu prendre le risque. Des risques, on en prend déjà bien assez, je trouve » résume Xavier Thévenard, pour répondre à la question de Gilles : « As-tu des regrets de ne pas avoir mis la barre plus haut, sur cet UTMB® 2019 ? » 


Photos : Myriam Cornu pour Baouw

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