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L’économie de course : comment courir plus vite en dépensant moins d’énergie ?

1 octobre 2024 par
L’économie de course : comment courir plus vite en dépensant moins d’énergie ?
Jérémy Tissot BAOUW

Comprendre l’économie de course pour améliorer ses performances

L’économie de course correspond à la quantité d’énergie dont ton organisme a besoin pour maintenir une allure donnée. En clair, à vitesse égale, certains coureurs se fatiguent moins vite que d’autres parce qu’ils sont tout simplement… plus économes.

Mais inutile de pester contre cette personne qui semble courir à 4’30/km avec la décontraction de celui qui sort acheter son pain : l’économie de course n’est pas figée. Elle dépend de nombreux paramètres physiologiques, biomécaniques et neuromusculaires, dont certains peuvent évoluer avec l’entraînement. Car dans les disciplines d’endurance, ces petites économies finissent par peser lourd dans la balance. Aussi, comment transformer davantage d’énergie dépensée en mouvement réellement utile ? La team Baouw s’est penchée sur la question.


En quoi l’économie de course est-elle essentielle en endurance ?

La performance en course à pied ne dépend pas uniquement de ta VO2 max. Si celle-ci renseigne sur la quantité maximale d’oxygène que ton organisme est capable d’utiliser lors d’un effort intense, elle n’indique pas avec quelle efficacité tu exploites cette belle mécanique. Deux runners présentant une VO2 max similaire peuvent donc afficher des performances différentes. L’un des éléments susceptibles de les départager ? Leur économie de course.

Un coureur économe nécessite moins d’énergie pour maintenir une vitesse donnée. Sur la durée, cette efficacité peut contribuer à retarder l’apparition de la fatigue, à mieux gérer l’effort et à préserver ses ressources.

Elle influence notamment :

  • ta capacité à maintenir une allure définie,

  • le coût énergétique associé à cette allure,

  • ta gestion de l’effort sur la durée,

  • ta résistance à la fatigue.

Ce lien avec l’énergie est central : mieux ton organisme utilise les ressources dont il dispose, plus tu peux être efficace dans la durée. En fait, l’économie de course, c’est un peu comme l’écoconduite : le but n’est pas d’avoir un réservoir plus gros, mais d’aller plus loin avec ce qu’il contient. Le principe rejoint d’ailleurs assez bien celui des gains marginaux : de petites optimisations qui, additionnées, peuvent finir par faire une vraie différence.

Comment mesurer ton économie de course ?

L’économie de course peut prendre la forme d’une réalité très concrète et mesurable. On l’évalue généralement à partir de la consommation d’oxygène nécessaire pour maintenir une vitesse sous-maximale donnée. Cette consommation peut être rapportée au poids du coureur et au temps, mais également à la distance parcourue, notamment en millilitres d’oxygène par kilogramme et par kilomètre (mL O₂/kg/km). Dans un cadre scientifique ou sportif, la mesure peut être réalisée sur tapis roulant à une allure définie, à l’aide d’un dispositif analysant les échanges gazeux respiratoires.

Le principe est finalement assez intuitif : moins ton organisme a besoin d’énergie pour maintenir une même vitesse, meilleure est ton économie de course. C’est aussi ce qui explique que deux coureurs disposant de capacités aérobies relativement proches puissent afficher des performances différentes. Avoir un gros moteur, c’est bien. Savoir l’exploiter efficacement, c’est mieux !


Peut-on évaluer son économie de course avec une montre GPS ?

Nos poignets sont désormais capables de nous fournir une quantité impressionnante de données : fréquence cardiaque, cadence, longueur de foulée, oscillation verticale, temps de contact au sol… Certains équipements proposent ainsi en plus une estimation de l’économie de course. Ces informations peuvent être intéressantes pour suivre certaines tendances dans le temps, mais elles ne remplacent pas une véritable mesure physiologique réalisée en environnement contrôlé. 

Attention toutefois aux conclusions hâtives. Une cadence plus élevée ou une oscillation verticale plus faible ne signifie pas automatiquement que tu es devenu plus économe. Chaque foulée dépend notamment de la morphologie, du niveau, de la vitesse et de l’expérience du runner. Le chiffre magique valable pour absolument tout le monde ? Désolé, mais il n’existe pas ! 

Focus sur les facteurs qui influencent l’économie de course

Ton économie de course résulte d’un ensemble de paramètres : technique, biomécanique, qualités musculaires et neuromusculaires, entraînement, morphologie, fatigue ou encore équipement. Autant de leviers possiblement à l’origine de pertes d’énergie inutiles, sur lesquels il peut être pertinent de refaire le point afin d’améliorer progressivement ton rendement.

La technique de course 

Commençons par le commencement : ta manière de courir. Posture, coordination, cadence, longueur de foulée, placement du pied, mouvement des bras participent entre autres à la mécanique globale de ta course. Autrement dit, certains mouvements parasites peuvent augmenter inutilement le coût énergétique de ton déplacement. Tes épaules sont-elles relâchées, ton regard porté vers l’avant ? Tes foulées ne sont-elles pas trop amples ?

Précisons toutefois qu’il n’existe pas nécessairement une technique parfaite qu’il faudrait reproduire à l’identique. En effet, une modification artificielle de ta gestuelle peut même s’avérer contre-productive si elle n’est pas adaptée à ta morphologie ou à tes habitudes. Ce qu’il faut viser, c’est une gestuelle coordonnée, fluide et efficace, capable de limiter autant que possible les dépenses énergétiques inutiles.

Mais bonne nouvelle : avec l’expérience et l’entraînement, ton système neuromusculaire apprend justement à mieux coordonner tes mouvements. En gros : à force de courir, ton corps devient aussi meilleur… pour courir. 

coureur en endurance fondamentale

La condition physique et musculaire

Le renforcement musculaire et le gainage participent à stabiliser ta posture et à améliorer la transmission de force. Eh oui Jamy : la complémentarité des disciplines est indispensable pour assurer en course à pied ! Le renforcement musculaire n’est pas réservé à la performance pure : il participe aussi à améliorer ton économie de course en rendant chaque mouvement plus stable et plus efficace. Un travail régulier sur les jambes et le tronc permet de limiter les compensations et de mieux encaisser les impacts.

Là encore, les recommandations diffèrent selon ton niveau, ta morphologie, tes antécédents, tes éventuels déséquilibres, ta charge d’entraînement et tes objectifs. Le choix des exercices, leur intensité et leur progression doivent donc être adaptés à chaque runner, idéalement avec l’accompagnement d’un professionnel. Le but n’est pas d’en faire toujours plus, mais de développer les qualités réellement pertinentes pour ta pratique, sans te blesser en chemin. 

Un petit point “gestion du souffle à l’effort” ? N’hésite pas à lire notre article “améliorer sa respiration en course à pied” !

Le volume d’entraînement et l’expérience du runner

Avec la régularité, ton organisme s’adapte aux contraintes spécifiques de la course à pied. Coordination, recrutement musculaire, capacités métaboliques et gestuelle peuvent ainsi évoluer progressivement. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’un débutant peut constater des progrès relativement rapides : son organisme dispose encore d’une belle marge d’adaptation. Chez un runner expérimenté, aller chercher quelques gains supplémentaires demande bien souvent davantage de temps et de précision.

Varier les allures pour développer ses capacités

L’économie de course peut également évoluer avec les adaptations provoquées par l’entraînement. Selon ton niveau et l’objectif préparé, différentes intensités peuvent trouver leur place dans ta programmation : endurance fondamentale, travail à allure spécifique, séances plus soutenues…

Par exemple, le travail à une allure proche de celle visée en compétition peut permettre à ton organisme de devenir plus familier avec les contraintes mécaniques et physiologiques associées à cette vitesse. Mais encore une fois, ce n’est pas pour autant qu’il faut copier la semaine d’entraînement d’un marathonien élite : mauvaise stratégie garantie, puisque vous n’avez probablement ni le même historique d’entraînement, ni les mêmes capacités de récupération.



Les chaussures peuvent-elles améliorer l’économie de course ?

Place au point équipement ! Qui dit économie de course aujourd’hui dit inévitablement chaussures. Le poids, la géométrie, la rigidité et les propriétés des matériaux utilisés peuvent modifier la manière dont une chaussure interagit avec le runner. Les modèles dotés de mousses particulièrement réactives et, pour certains, de plaques rigides, notamment en carbone, ont d’ailleurs largement contribué à faire connaître le concept d’économie de course.

Selon les modèles et les coureurs, certaines technologies peuvent réduire le coût énergétique associé à une allure donnée. Mais avant de dégainer la carte bancaire, rappelle-toi que le matériel ne remplace pas l’entraînement ! Une chaussure doit avant tout être adaptée à ta pratique, à tes sensations et à tes caractéristiques individuelles. La paire qui fait voler ton partenaire d’entraînement n’aura pas forcément le même effet sur toi.

Alimentation et économie de course : le rapport détaillé ! 

Impossible de parler d’énergie sans évoquer l’alimentation… d’autant plus que la nutrition sportive, c’est la spécialité Baouw ! Certes, manger équilibré et réfléchi ne va pas modifier comme par magie ta biomécanique et améliorer directement ton économie de course.

En revanche, ton organisme a besoin de carburant pour produire et maintenir un effort. Selon son intensité et sa durée, il mobilise différentes ressources énergétiques, notamment les glucides et les lipides. Une stratégie nutritionnelle adaptée va donc t’aider à disposer des ressources nécessaires pour soutenir ton effort et éviter qu’un manque de carburant ne vienne précipiter la baisse de ta performance. Même le moteur le plus économique du monde finit par s’arrêter quand le réservoir est vide ! 

La gestion de tes réserves énergétiques prend évidemment davantage d’importance à mesure que la durée de l’effort augmente. Et puisque les besoins d’un 10 km ne sont pas ceux d’un ultra, on te conseille vivement de parcourir nos guides consacrés à :

Économie de course et récupération : à la recherche de l’équilibre parfait

L’économie de course ne se joue pas uniquement pendant que tu cours : la fatigue peut elle aussi modifier ton efficacité. À mesure qu’elle s’installe, ta capacité à coordonner tes mouvements et à maintenir ta gestuelle peut se dégrader. Une allure habituellement confortable peut alors devenir progressivement plus coûteuse. C’est pourquoi la récupération fait pleinement partie de l’équation : charge d’entraînement cohérente, sommeil suffisant et alimentation adaptée permettent à ton organisme de récupérer de manière optimale entre deux sollicitations.

Après les entraînements costauds, l’alimentation participe notamment à la reconstitution de tes réserves énergétiques. Aussi, après l’effort, compose-toi des assiettes pensées pour refaire tes stocks de glycogène, régale-toi avec une de nos boissons de récupération et pioche allègrement dans un snack qui fait la part belle aux antioxydants afin de limiter le stress oxydatif lié à l’entraînement.

Économie de course, VO2 max et VMA : c’est quoi la différence ? 

VO2 max, VMA, économie de course… À force d’empiler les acronymes et les concepts, ton footing va bientôt nécessiter un master en physiologie. On te vulgarise donc le concept dans ce paragraphe !

  • La VO2 max correspond à la quantité maximale d’oxygène que ton organisme est capable d’utiliser pendant un effort intense.

  • La VMA, ou vitesse maximale aérobie, correspond à la vitesse de course à partir de laquelle ta consommation d’oxygène atteint approximativement son maximum.

  • L’économie de course, elle, s’intéresse au coût énergétique nécessaire pour courir à une vitesse donnée.

Ces indicateurs décrivent donc différentes composantes de la performance. Tu peux par exemple posséder une excellente VO2 max mais avoir une économie de course perfectible.

Et en endurance, la performance résulte justement de la combinaison de nombreux facteurs.

L’économie de course en quelques mots : “courir mieux pour aller plus loin”

Faire plus avec moins : voilà finalement une assez bonne manière de résumer l’économie de course. L’objectif consiste à limiter le coût énergétique nécessaire pour maintenir une allure donnée. Et contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, elle ne dépend pas d’un seul paramètre. Capacités aérobies, biomécanique, coordination neuromusculaire, propriétés musculo-tendineuses, expérience, entraînement, équipement et état de fatigue participent tous, à leur échelle, à ton efficacité.

Pas question pour autant de vouloir tout modifier du jour au lendemain. Ton organisme possède sa propre manière de courir et les adaptations intéressantes se construisent avec le temps. Si tu débutes ou que tu viens de reprendre la course à pied, la régularité peut déjà t’offrir une belle marge de progression. Si tu es un runner aguerri, les gains seront probablement plus fins et demanderont davantage de patience. Mais c’est justement là que nos fameux gains marginaux deviennent intéressants.

Alors non, le secret n’est pas forcément de dépenser toujours plus d’énergie pour aller plus vite. Commence déjà par apprendre à mieux utiliser celle dont tu disposes… et gardes-en un peu pour profiter du reste de ta journée !